L’église rurale Saint-Paterne de Montrond date du 13ème siècle

grand siècle de la chrétienté et celui du rayonnement français

C’était à l'origine un prieuré construit vers 1270, dépendant de l'abbaye Saint-Martin de Sées.
La chapelle du prieuré est devenue une église paroissiale jusqu’en 1802.
À la Révolution Française de 1789, le desservant partit en exil pendant plusieurs années et n'a retrouvé son église qu'en 1801.
En 1802 le diocèse décide le rattachement de la paroisse avec celle de Neuville près Sées.

La fusion des 2 communes ne s'est faite que 20 ans plus tard en 1820.
Ces regroupements de paroisses et de communes n'ont rien d'exceptionnels dans le diocèse ou dans le département, on en compte 126, vraisemblablement pour des raisons économiques. Un document concernant Montrond indique que « la commune ne possédant ni dortoir, ni cabaretier, ni boucher », ne pouvait subvenir aux frais d'entretien de l'église et du presbytère, comme de son « desservant ».

En 1824, la commune de Neuville-près-Sées échangera le presbytère et l'église de Montrond à l'un de ses habitants monsieur Beaulavon, mais l'objet de l'échange reste un mystère encore aujourd'hui. Cet échange devait permettre au nouvel acquéreur de transformer l'église en grange et le presbytère en logement. Mais les chemins sont si mauvais que le propriétaire remettra les bâtiments en vente en 1826.

L’acquéreur, monsieur Pierre-Simon Le Conte, exploitait la jumenterie de la Moisière, considérée comme une des meilleures maisons d'élevage du pays du Merlerault. Il souhaitait que l'église redevienne un lieu de culte et aussi conserver le cimetière de ses ancêtres. Elle sera transmise, par alliances aux familles.

Les travaux de sauvegarde débutèrent en 1978. Au cours de ces travaux fut mise à jour accidentellement la baie gothique qui sépare le chœur de la sacristie et l’on découvrit l’ensemble des peintures murales. On découvre également des poteries, sur les murs nord et sud du chœur.
Ce sont des Pots acoustiques ou Pots de résonance : ils sont placés dans le mur même, sous différentes inclinaisons, pour rendre un son particulièrement remarquable dans l'édifice. Ces pots améliorent nettement la qualité sonore de l'édifice. On en trouve 19 dans l'église de Rochefort en Terre dans le Morbihan...
Cette technique gréco-romaine, que l'on retrouve notamment dans les théâtres antiques, serait venue en Normandie par le biais des Vikings après être remontée dans les pays scandinaves par la Russie et la Pologne...

Devant cette conséquente découverte, le ministère de la culture fut consulté et autorisa la restauration qui débuta en 1979.
A cette époque dans le département de l’Orne, peu de sites possédant des peintures de cette qualité étaient répertoriés en dehors de Saint Céneri le Gerei.
La totalité de l'église (y compris les peintures murales) a été inscrite sur l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 27 septembre 1979 du préfet de l’Orne. Une Vierge à l'Enfant en bois du 15ème siècle est classée au titre d'objet le 29 septembre 1983.

Les travaux furent achevés en 1984. Cette même année, la qualité et l'intérêt artistique vont être minutieusement étudiés par Jean Fournée. Il analysera les peintures et les datera de la fin du 13ème ou début 14ème siècle et communiquera lors du congrès de l’Aigle de l’Association Normande (regroupant les cinq départements de Normandie).

Toutes ces découvertes et ces vestiges font parler de l'église saint Paterne de Montrond en attirant de nombreux visiteurs. Des spécialistes de l’art sacré donnent des avis éclairés. Le ministère recommande de faire poser des vitraux pour remplacer les grandes baies vitrées pour atténuer la lumière qui risque d’altérer les peintures.

Georges BozoGeorges Bozo

Georges Bozo charge son fils Dominique de rechercher la solution convenant le mieux au site, à l'édifice et aux peintures. Dominique Bozo connait bien, par ses fonctions au ministère des affaires culturelles, le milieu des peintres contemporains, et concerné par l'art du vitrail fait appel à François Rouan. L'artiste est ravi par l'endroit, les peintures et l'authenticité du monument. Enthousiaste, il promet de s'intéresser au projet.

Le premier vitrail est offert par sa famille et ses amis pour le centenaire de Georges Bozo en 1998. François Rouan dessine les cartons des six vitraux et les offre à l'association en hommage à Dominique Bozo, décédé en 1993. La réalisation des six vitraux est confiée aux ateliers Jacques Simon de Reims, dirigés par Benoît Marcq.

Les vitraux furent posés pour les journées du patrimoine en 2001 mais malheureusement leur inauguration a été reportée en raison des attentats à New York du Wall Trade Center.
La pose des vitraux a donné ainsi une nouvelle dimension aux peintures murales et aujourd’hui attire la rencontre d’amateurs et d’experts en cette église.
Les peintures et les vitraux sont les principaux centres d’intérêts de l’église, cependant il ne faut pas oublier les pots acoustiques, la cloche ou les différents objets sacerdotaux qui ont été déposés ou donnés au musée d’art religieux de Sées dont en particulier une vierge en bois polychrome du 15ème siècle.